Oeuvre de : Sistach Claire
Phase préparatoire
Phase expérimentale
La seconde phase, elle, a pris la forme d’un dispositif expérimental d’échanges inter-mondes reliant un espace d’exposition physique à une parcelle d’univers simulé. Cette installation permettait au visiteur curieux de vivre une situation inédite en rencontrant des avatars directement, c’est à dire, sans en posséder un soi-même.
De l’autre côté, dans le lieu culturel - en symétrie des créatures de pixels - les visiteurs en chair et en os se retrouvaient face à deux écrans, une caméra et un clavier d’ordinateur. L’écran le plus grand donnait à voir l’espace simulé où évoluaient les avatars, tandis que le plus petit affichait la console de chat reliée au clavier.
Enjeux artistiques et scientifiques
Son objectif était d’une part, de questionner la nature de l’avatar numérique 3D et les rapports interpersonnels qui y sont liés, ainsi que des phénomènes efficients comme celui du transfert identitaire opéré dans l’intégration des univers persistants, ou de l’immersion subjective qui s’y produit sans commune mesure par rapport aux autres dispositifs ludiques, médiatiques et/ou de communication existants. D’autre part, il s’agissait, à la façon d’un miroir réflexif, de générer pour les participants une distance et un trouble, mais aussi un décalage vis-à-vis des pratiques courantes, afin d’éclairer les transmutations mentales et socio-culturelles opérées par les univers simulés.
Sur le versant scientifique, ce projet s’inscrit également dans une « recherche-action artistique », appliquées aux sciences de l’information et de la communication, et qui a pour propos de décrire et analyser les méthodes utiles pour mener à bien des transactions grâce à un avatar.
Il est courant d’observer dans les collaborations entre Art et Science ou Art et Technologie, une forme d’instrumentalisation d’une discipline par l’autre. En effet, dans nombre de cas, il s’agit d’un usage de savoirs et de techniques au service l’Art, comme par exemple avec le travail de l’artiste Piotr Kowalski ou encore l’ »Expériments in Art and Technology » (EAT) fondée en 1966 par les ingénieurs Billy Klüver et Fred Waldhauer et les artistes Robert Rauschenberg et Robert Whitman. Ou à l’inverse, la collaboration donne lieu à l’emploi par les sciences de savoir-faire artistiques, notamment visuels, à des fins d’illustrations ou de vulgarisation pédagogique.
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Cette œuvre a été réalisée en partenariat avec : Coalition Cyborg, Bibliothèque francophone du métavers, ENER de l’EnsadLab, OMNSH, CITU-Paragraphe, Futur en Seine, CentQuatre.
Elle a aussi bénéficié des contributions de : Alain Barthélémy (développement informatique), Frédérick Thompson (build 3D), Aurélia Raoull (médiation), Tom Guiraud (médiation), Vincent Levy (télé-médiation), et Romain Pechot (télé-médiation).
Tags :avatars|Claire Sistach|Etienne-Armand Amato|identité|Inter Screen|Luciel Haute|mondes virtuels|projection|recherche-action artistique|représentation
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Comment le projet se poursuit-il au-delà du temps de l’exposition?
Un travail d’analyse scientifique est en cours, qui sera l’objet de publications.
Sinon, pour ma part, je poursuis les recherches sur les effets de l’immersion dans les univers simulés et des relations identitaires aux avatars numériques, notamment par des auto-expérimentations, que j’appelle « cyber-exploration », et dont la prochaine, d’ailleurs débute mercredi prochain.